Les enjeux et objectifs du PRSE3

 
Le Plan régional santé environnement Auvergne-Rhône-Alpes 2017-2021 doit participer à la mise en œuvre des politiques publiques définies par le PNSE3, et prendre en compte les spécificités locales.
 
L’appropriation des enjeux nationaux (qui intéressent tous notre région), l’état des lieux de la santé et de l’environnement dressé en 2016 (qui illustre la persistance d’inégalités territoriales par rapport aux déterminants de santé d’origine environnementale), et les enseignements tirés des plans précédents (qui incident à une mobilisation au plus près des territoires), sont autant d’arguments qui ont présidé à l’identification des objectifs du PRSE3.

Il s’agit de fournir à tous, décideurs, acteurs et bénéficiaires, les éléments de connaissance et de compréhension qui suscitent l’envie de mieux faire, ainsi que les outils qui le permettent. Cette condition étant remplie, il faudra compter sur une émulation par l’exemple pour accéder, dans l’immense territoire régional, à la dynamique que les précédents plans n’ont pas totalement réussi à provoquer.

La première réunion de la Conférence régionale en santé-environnement a permis à la communauté régionale de discuter des orientations définies par le comité exécutif pour favoriser la construction par les habitants de la région d’un environnement toujours plus favorable à leur santé.

Objectifs stratégiques

Faire progresser la promotion de la santé par l’environnement au niveau régional


Les PRSE 1 et 2 Auvergne et Rhône-Alpes étaient stratégiquement orientés sur des actions de sensibilisation et de coordination des acteurs autour des risques reconnus. Le PRSE 3 recherche désormais une approche plus globale visant à intégrer les enjeux de santé-environnement de façon opérationnelle par le plus grand nombre, donc réellement portée par ceux qui concourent à la construction du cadre de vie dans
l’ensemble des territoires.
Ce premier volet est de portée régionale. C’est à cette échelle que les besoins généraux sont identifiables, et c’est à cette échelle que se façonne la gamme de réponses possibles.

Réduire les inégalités territoriales de santé liées à l’environnement


Les inégalités sociales et territoriales de santé demeurent en France à des niveaux élevés. À l’âge de 35 ans, elles se traduisent par un différentiel d’espérance de vie de 6,4 ans, en moyenne, entre les ouvriers et les cadres supérieurs masculins, et de 3,2 ans, en moyenne, entre les ouvrières et les cadres supérieurs féminins, relève le Ministère des Solidarités et de la Santé dans l’introduction à la Stratégie nationale de
santé 2018-2022.
Ce second volet consiste à faire évoluer concrètement le cadre de vie de personnes ou de groupes de personnes dans une optique de gains sanitaires. Il relève nécessairement de l’action de proximité. Chaque territoire aura ses propres priorités, l’état des lieux est là pour aider à les identifier, et les outils régionaux doivent favoriser leur prise en charge.

Objectifs opérationnels

Développer les compétences en matière de promotion de la santé par l’environnement en Auvergne-Rhône-Alpes



Il sera nécessaire de bonifier en continu l’état des lieux régional en santé environnementale, d’améliorer son accessibilité et ses possibilités d’exploitation à différents échelons géographiques, mais aussi d’organiser une communication proactive régulière (périodique) et ciblée (par thème/par public) sur l’état des lieux et son évolution afin d’en faire un outil de diagnostic et de réflexion sur les enjeux sanitaire de proximité et leur inflexion possible.

La prise de conscience des acteurs et des habitants des enjeux de la santé environnementale est un impératif qui se traduira par la formation et l’éducation à la santé. Les actions engagées par les précédents PRSE pour proposer des formations aux professionnels de santé (Auvergne) et aux élus (Rhône-Alpes) méritent d’être poursuivies, et si possible élargies, pour qu’il existe un enseignement faisant le lien entre la prévention sanitaire et la qualité de l’environnement dans les programmes d’initiative locale, des universités, des lycées ….

De même, il faut donner aux porteurs de projets d’éducation à la santé par l’environnement les moyens de professionnaliser leur approche, en leur offrant par exemple l’appui méthodologique des centres de ressources régionaux spécialisés, et en organisant pour eux des temps de partage d’expériences.

Enfin, le développement d’une offre d’éducation à la santé par l’environnement pour tous passe par la construction de projets spécifiques (notamment à l’attention des personnes les plus fragiles), mais aussi et peut être surtout par l’intégration des préoccupations de santé environnementale par les animateurs déjà actifs sur le territoire.

Contribuer à réduire les surexpositions environnementales reconnues



Il faut s’approprier l’état des lieux qui décrit un certain nombre de risques sanitaires avérés sur chaque territoire. Ils sont différents selon les territoires, mais tous les territoires ont matière à progresser dans un ou plusieurs domaines. La qualité de l’air pour les uns, la fiabilité de l’eau de consommation pour d’autres, la réduction de l’exposition à l’ambroisie pour certains, la gestion du risque d’exposition au radon,etc..

Les approches locales (plans ou programmes locaux comme les Agenda 21, CLS, plans locaux santé-environnement…) sont des cadres privilégiés pour intégrer des objectifs explicites de réduction, dans leurs périmètres d’action, de surexpositions reconnues à un ou plusieurs déterminants de santé d’origine environnementale.

Impliquer les habitants dans les décisions de proximité porteuses d’impacts sanitaire, par exemple à travers la formation de conseils citoyens ou l’animation de débats publics sur les enjeux locaux en santé environnement, est également un axe de développement pour une action concertée avec des objectifs partagés.

Améliorer la prise en compte des enjeux de santé dans les politiques territoriales à vocation économique, sociale ou environnementale.


La démarche d’étude d’impact en santé doit sortir de la confidentialité afin d’alimenter la réflexion sanitaire attendue lors de la définition de politiques locales, en particulier les programmes d’aménagement, en lien ici aussi avec l’implication des habitants.

Outre les approches programmées dans les territoires, il s’agira aussi de mettre à profit les temps de réflexion « obligés » (PLU, PDU, PCAET, PLH, SAGE) pour s’interroger sur les options environnementales sources de progrès sanitaires.

Plus généralement, la définition de référentiels ou cahiers des charges pour guider la prise en charges de priorités en santé environnementale (qualité de l’air, lutte anti vectorielle, ambroisie….), lors de la définition de projets régionaux ou locaux, constitue également un levier, à l’appui également des formations.